Stage Danse Butô

Weekend 2 & 3 nov 2019 à Aix en Provence

FICTIONS DU CORPS

Animé par Lorna Lawrie

dans le cadre de la compagnie Le Mille-Feuille

compagnielemillefeuille@gmail.com

La recherche du corps mi humain- mi animal- mi fantastique viendra s’appuyer dans des techniques propres à la danse butô, et son approche particulière vis-à-vis de la déconstruction du corps sociale. Dans ce stage nous allons nous inspirer particulièrement par les créatures hybrides conçues dans les différentes cultures dans les différentes époques. « Baku », « Nue » et des autres chimères et créatures fantastiques issus notamment de la mythologie japonaise viendront nourrir nos danses.

A PROPOS DU STAGE

En deux jours de travail intensif nous aborderons des aspects techniques et expérimentaux de la danse butô. Le travail inclura un entraînement de butô accompagné d’un thème à explorer au fil des improvisations. Le mode de stage intensif convient particulièrement à la danse butô grâce à la disponibilité plus large de temps dont nous disposons pour approfondir chaque proposition.
Le butô a besoin du temps ; le temps est invité ici à « creuser » son espace dans le corps, conçu comme un espace de constante transformation, un espace « à vivre », et non une trajectoire de mouvements que l’on doit accomplir.

ENTRAINEMENT

La préparation physique propose des exercices de respiration et d’échauffement visant mettre le corps en contact avec ses os, ses muscles et ses articulations de manière sensible et profonde. Se reconnecter avec son centre de gravité, l’ancrage et l’équilibre. Cet entraînement corporel procure à la fois force et souplesse musculaire. Il requière davantage une profonde disponibilité, ayant pour objectif développer la résistance physique au même temps que l’écoute et la sensibilité: respirations, marches, courses, reconnaissance des articulations, du squelette et ses parties, travail de transformation du visage, torsions et « distorsions », « katas » japonais, marches des animaux, etc. Dépasser et déconstruire des lieux connus : « vider le corps » pour saisir de nouvelles potentialités expressives.

LES CHIMERES, LES ANIMAUX HYBRIDES, LES CREATURES FANTASTIQUES, ET NOUS-MEMES

On utilise dans l’actualité le terme chimère pour designer une création de l’imagination. Dans la mythologie grecque une chimère était à l’origine un monstre femelle qui crachait des flammes ; elle avait la tête d’un lion, le corps d’une chèvre et la queue d’un dragon. Aujourd’hui, on utilise fréquemment ce terme pour désigner une idée extravagante ou une création de l’imagination. En partant de chimères « classiques » grecques, nous irons peu à peu vers les créatures hybrides de différentes cultures et leur écho dans l’actualité. Au sein de la recherche collective nous allons chercher des lieux communs, nourris par l’ironie et la magie du fabuleux. Des recherches qui nous conduiront finalement à des questions plus actuelles qui nous touchent : – Les individus trouvent-ils leur place dans la société en fonction de leurs corps et de leur image ? – Comment se crée une façon d’être au monde à partir de son image du corps? – Comment prendre distance et « déjouer sa propre image » en dansant ?

Nous allons partager des lectures, visionnage d’images et matériaux bibliographiques de recherche que l’intervenant apportera.
… Quelques liens à propos du thème du stage :

http://www.leseditionsdeminuit.fr/livre-Le_Corps_et_ses_fictions-2300-1-1-0-1.html
https://www.linternaute.com/livre/magazine/1023864-15-creatures-incroyables-de-la-mythologie-japonaise/1023876-nure-onna

INFOS PRATIQUES

Samedi 2 et dimanche 3 novembre de 11h à 18h Salle de l’école Jean Jaurès Aix en Provence Infos et inscriptions : compagnielemillefeuille@gmail.com
L’atelier s’adresse aux personnes ayant pratiqué une technique corporelle, somatique et/ou un entraînement théâtral. Aussi aux personnes provenant d’autres disciplines artistiques avec le goût de l’expérimentation et de la recherche de nouveaux langages expressifs. Tous niveaux.

A PROPOS DU BUTÔ

Le butô est une danse qui porte en soi la question de ce qu’est “danser”; elle vient bouleverser des questions comment “qui peut danser”, “jusqu’à quand peut-on danser,” “quel est LE corps du « danseur » qui impose notre société, etc. Née au milieu des mouvements d’avant-garde surgis dans les années 60 au Japon, le butô questionne ainsi toute la danse de l’époque, et vient détruire irrémédiablement le « corps du danseur » conçu jusqu’au moment. Le butô donne un nouveau corps au danseur, et ceci fut un de ses aspects révolutionnaires. Un corps qui ne cherche pas à s’étendre vers l’extérieur, mais vit intensément ce qui le divise entre l’intérieur et l’extérieur. Un corps dépouillé des codes sociaux, un «corps mort» au social, ignorant de l’ego et des apparences. Pour Hijkata, un des fondateurs des principes du butoh, la danse ne résidait pas dans une composition linéaire de mouvements mais plutôt dans l’exploration de la profondeur du corps lui-même. Il pensait qu’il fallait à la fois « ré-découvrir le corps et réinventer la danse ». L’idée n’était pas de construire un corps qui transmette un message ou qui soit l’instrument de quelque chose, sinon travailler davantage un corps capable de parler par lui-même. Un corps chair; un corps sensation capable de danser sa propre histoire. Dans sa volonté de transformer la notion de corps vécu, la technique du butoh ne rappelle aucune autre technique de danse. Danser butô : Hijikata ouvre de cette façon une porte vers une autre forme de comprendre la danse, et indirectement postule que toute personne qui le souhaite est capable de danser. Il s’agit de s’ouvrir à une écoute globale, pour pouvoir suivre la précision dictée par la force de nos émotions en état pure. Apprendre à écouter et laisser danser les intensités qui nous traversent. La puissance de nos os, les chants qui cumulent nos nerfs, le rire de notre peau… Pouvoir donner à voir autre danse peut être un long et merveilleux travail.

Lorna Lawrie

v44a9328Diplômée en théâtre à l’Université National de Córdoba (Argentine), elle suit au même temps depuis son enfance une formation professionnelle de danse classique et contemporaine. En 1997 elle rencontre Rhea Volij et découvre la danse butô. Ell danse sous la direction de Rhea dans la Cie de danse Butô La Brizna (Buenos Aires) pendant 6 ans. Dès lors le butô devient le langage artistique prédominant dans son travail de création et son entraînement. Elle perfectionne sa danse avec Tadashi Endo en Allemagne, ainsi qu’avec les maîtres Yoshito Ohno, Ishi Mitsutaka, Yukio Waguri au Japon. Arrivée à Paris en 2007, elle intègre la Cie de Butô Incarnat avec Leone Cats et Christelle Raynier et réalise un Master de Recherche au Département en Danse de la Université Paris 8, autour du butô et la peinture de Francis Bacon. Formatrice, elle dispense des cours hebdomadaires sur Paris, et divers ateliers en France, Allemagne, Espagne, Belgique et à l’université National de Cordoba en Argentine. Entre 2009 et 2012 dirige le projet « Butô ouvert », un espace de création et réflexion pour les artistes du butô à Paris. En 2009 elle créa la Cie Seuil avec le musicien acousmatique Michel Ti tin Schneider. Ils travaillent ensemble dans plusieurs créations : «L’oratoire de l’indicible », «Caramel Fondant » , « Angle mort », « Moctezuma, le chant des cendres », « Le symptôme », etc. Ils participent chaque année aux festivals de « Barcelona en butô » « Festival de butô de Paris » , «Festival Internacional del Movimiento » Venezuela, où Lorna a donné des stages également. Participa en tant que chorégraphe au projet « Oser le dire, pouvoir le faire » de le Cie Arti e parole, subventionné pour l’union Européenne, et aux éditions « Experimenta butô Menorca » en tant que chorégraphe et formateur. Actuellement installée au sud de la France, elle travaille sur des nouveaux projets chorégraphiques et pédagogiques avec des compagnies de la région. Dirige le groupe de recherche Tacuabé danse butô, qui se produit régulièrement sur Paris.